L’Agro-écologie pour l’autosuffisance alimentaire et la protection des ressources naturelles dans la région du Sud-Est

 

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Dans la cadre de la mise en œuvre du projet MANITATRA sur financement du COMESA qui consiste en la mise à l’échelle de la diffusion des techniques agro-écologiques et/ou de l’Agriculture climato-intelligente[1] dans la région du Moyen-Ouest et du Sud-Est de Madagascar, une journée destinée à l’Agro-écologie a été prévue dans chaque zone d’intervention. La journée de l’Agro-écologie du Moyen Ouest s’est tenue en mars 2015 et a connu un vif succès : http://gsdm-mg.org/lagroecologie-dans-les-politiques-publiques-un-virement-important-dans-la-lettre-de-politique-agricole-a-madagascar/

Pour la région du Sud Est, la journée de l’Agro-écologie s’est déroulée le jeudi 17 septembre 2015 (journée au champ), suivie d’une matinée de restitution  à Impitiny Farafangana le vendredi 18 septembre 2015. La journée de l’Agro-écologie a été honorée par la présence des autorités locales, notamment du représentant du Chef de Région, du Premier Adjoint de la préfecture, de la DRDA,  des élus, du PDS de la ville de Farafangana et du Représentant de la Direction régionale de l’Elevage.  Les acteurs de développement impliqués dans la région ont également répondu à l’invitation du GSDM, notamment l’ORN, le FAO, la DRDA, le CSA, le WHH… sans oublier la présence des paysans pilotes, des simples paysans adoptants, des pépiniéristes et de la presse locale.

Cette journée a été organisée dans l’objectif de sensibiliser les autorités locales et les acteurs de développement locaux sur les impacts des activités menées par le GSDM dans la région du Sud-Est à travers le projet Manitatra. Il s’agit surtout d’exposer les réalités sur le terrain, et d’attirer l’attention des participants à admettre que l’Agro-écologie est une alternative face aux enjeux du changement climatique (destruction des ressources naturelles et du capital sol), et de l’insécurité alimentaire et de susciter des débats autour de l’Agriculture durable dans cette région parmi les plus pauvres de Madagascar

Après les séries de discours des autorités locales et la prise de parole du Directeur Exécutif du GSDM, la journée de l’Agro-écologie a été proclamée ouverte par le Représentant du Chef de Région Atsimo Atsinanana sur le site d’Iandraina.

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Cette première journée a été destinée aux visites de nombreux sites, suivies d’échanges, de discussions et de témoignages des paysans. Les thèmes ont été choisis particulièrement par le GSDM selon les réalités sur terrain en relation avec les actions entreprises par le projet Manitatra et les impacts du  projet sur les  bénéficiaires directes et indirects et en particulier sur les femmes, cibles prioritaires du projet.

Parmi les thèmes, la majorité des bonnes pratiques agricoles proposées par le projet Manitatra a été aperçue sur le terrain notamment, la couverture permanente du sol (Arachis sous caféier/giroflier), l’utilisation des plantes de couverture (association et rotation : Stylosanthes/Brachiaria/Mucuna), l’embocagement  et le reboisement (Acacia mangium), l’agroforesterie, les techniques du basket compost et du compostage, le SRI/SRA, les cultures maraîchères, les nouvelles variétés de patates douces à chair orange, l’utilisation des bandes antiérosives (ananas), l’apiculture, la  pisciculture, et l’étable améliorée avec fabrication de compost.

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Pendant les visites, la réactivité des participants a été impressionnante. Les paysans pilotes et les pépiniéristes n’ont pas hésité à exposer leur quotidien à travers des témoignages. « Nous sommes parti de rien, et après notre adoption des techniques agro-écologiques, nous avons vu notre vie évoluer dans le bon sens : nos terres sont plus riches, nos récoltes sont de plus en plus rentables et nos enfants mangent à leur faim ». Les bénéficiaires du projet ont toutefois manifesté leurs inquiétudes par rapport au départ et à l’éventuelle suite du projet Manitatra « Nous ne sommes pas encore tout à fait autonome dans nos pratiques, nous souhaitons encore si possible l’appui et le conseil des techniciens du projet ».

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D’autre part, les autorités locales ont été impressionnées par les réalisations du projet Manitatra en seulement moins d’une année d’activité, surtout sur les impacts perçus au niveau des exploitations des paysans. Le GSDM a tenu à préciser que l’objectif principal du projet MANITATRA est la mise à l’échelle des acquis des projets antérieurs, en particulier ceux du projet BVPI-SEHP[2]. L’Adaptation de l’Acacia mangium sur un sol très pauvre a conduit à une réflexion intéressante par rapport à la possibilité de la régénération des forêts qui commencent à disparaître dans cette région du Sud Est. L’étable améliorée (avec le compost) a également fait l’objet d’une grande discussion, notamment sur les tabous des « Zafisoro » qui interdisent la construction d’une étable avec toiture pour les zébus. Même si ce tabou commence à disparaître, une sensibilisation massive doit être ainsi effectuée selon le Directeur Exécutif du GSDM pour éradiquer ces tabous qui sont des obstacles majeurs pour le développement du secteur agricole de la région.   La capacité du Brachiaria humidicola à coloniser l’Imperata (tenona) sur  les terres dégradées du champ école du site Iandraina a été un des succes story de ce site ; par ailleurs ce brachiaria sert de biomasse pour le basket compost.

Par rapport à l’éventuel départ du projet Manitatra, les acteurs de développement locaux se sont associés au Représentant du Chef de Région : « les projets ne sont pas éternels. Quand ils sont là, il faut en profiter pour acquérir les connaissances au maximum. Et au moment où le projet doit partir, vous serez serein car vous êtes autonomes. Encore mieux, vous pouvez à votre tour partager vos expériences et connaissances à vos pairs ».

 Au terme de la journée de visite, les participants ont été emmenés à découvrir une parcelle d’un paysan adoptant le basket compost avec des cordons antiérosifs d’ananas, une parcelle modèle qui a été copiée par ses voisins. La récolte d’un pied de manioc sur basket compost de l’année précédente. Tous étaient stupéfaits du résultat, plusieurs tubercules d’environ 20 kg au total. Ainsi s’est terminée la visite de terrain de la journée de l’Agro-écologie du Sud-Est. Le GSDM a tenu à remercier les participants et vice-versa.

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L’Atelier de restitution

L’atelier de restitution de la journée de l’Agro-écologie du Sud-Est s’est tenu le vendredi 18 septembre 2015 dans la salle Beaucamps à Imptitiny Farafangana, toujours en la présence des autorités locales, des acteurs de développement locaux, des paysans pilotes, des pépiniéristes et de la presse locale. Les principaux objectifs de l’atelier est (i) d’exposer les réalisations du projet MANITATRA par la présentation de l’état d’avancement du projet dans les deux zones d’intervention, (ii) d’énumérer les problèmes rencontrés, (iii) de favoriser les échanges d’expériences et les débats, en vue d’arriver à de meilleures résolutions.

L’atelier a été ouvert par l’allocution de bienvenue du PDS de la Commune Urbaine de Farafangana, suivi de la prise de parole du Directeur Exécutif du GSDM et l’allocution du Représentant du Chef de Région Atsimo Atsinanana. Après les séries de discours,  quatre présentations ont été effectuées par l’équipe du GSDM sur l’état d’avancement du projet, et du Responsable de la FIFAMANOR sur les nouvelles variétés de patates douces.

Les deux superviseurs de zone du projet ont chacun présenté l’état d’avancement du projet dans leur zone respective. Ensuite, le consultant formateur a présenté un bref aperçu des formations dispensées et des visites-échanges organisées dans le champ école du site d’Iandraina. Et enfin, le Responsable du FIFAMANOR a partagé les éléments d’informations nécessaires sur les nouvelles variétés de patates douces, leurs spécificités et leurs avantages.

Après les séries de présentations, les débats et discussions ont été ouverts à tous les participants. Les questions sur les réalisations et les impacts du projet ont été les plus discutées notamment sur la disponibilité en liane de patate douce et en semence de stylosanthes et en matériel nécessaire pour le maitriser,  sur les techniques du basket compost et du compostage, sur le reboisement et les pépiniéristes en tant que prestataire de service indépendant et sur un éventuel départ du projet et ses perspectives.

En guise de réponse à toutes ces questions, les participants se sont manifestés selon leurs responsabilités respectives. Les paysans pilotes ont parlé de l’efficacité de la stratégie de diffusion « paysan à paysan ». Les pépiniéristes ont manifesté leur souhait de collaboration avec les acteurs de développement locaux, et ont évoqué par la même occasion que les lianes de patate douce ne sont pas suffisantes pour une diffusion de masse. Les acteurs de développement locaux ont encouragé les paysans à continuer leurs efforts et à essayer à ne pas trop dépendre des projets. C’est dans ce sens que le Représentant du chef de région, le premier Adjoint de la préfecture, et le Directeur de la DRDA ont  évoqué que c’est grâce à l’appui de l’Etat, que les projets tels que le projet Manitatra du GSDM  sont arrivés à de telles réalisations. Pour le secteur de l’Agriculture, l’Etat participe aux procédures de mise en œuvre de ces projets via le Ministère de l’Agriculture, autorité centrale, appuyé par la DRDA, autorité décentralisée.

En fin, le Directeur de la DRDA a procédé à la clôture officielle de l’atelier, en insistant que l’Agro-écologie fait dorénavant partie des priorités du Ministère de l’Agriculture « Assurer la bonne gestion du capital sol, produire plus, tout en protégeant les ressources naturelles ». Il a tenu également à féliciter le GSDM et à encourager les paysans pilotes et les pépiniéristes dans leur travail« C’est pour vous et l’avenir de vos enfants que les projets font des efforts pour  vous transmettre les bonnes pratiques agricoles donc soyez en digne, sachez surtout en profiter pour améliorer votre quotidien, et pensez à vos voisins en les inculquant les bonnes pratiques pour le développement durable, c’est ça le progrès ». Il a évoqué en dernier lieu la possibilité de collaboration entre la DRDA et les prestataires de services sur un dispositif d’encadrement des paysans financé par la FRDA.

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 [1] Climate Smart Agriculture]

[2BVPI-SEHP : projet Bassin Versant Périmètres Irrigués Sud Est Hauts Plateaux (financement AFD)

                                                                         Pour plus d’informations, veuillez contacter le GSDM

Antananarivo, le 30 septembre 2015

Mireille RAZAKA, Responsable communication GSDM

 

Dans: Nouvelles

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