Le GSDM a participé à la matinée PADR du 29 mai 2015

images (2)Sary logo GSDM

 

Le GSDM a participé à la matinée PADR du vendredi 29 mai 2015 au Ministère du Plan à Anosy. Deux présentations ont été effectuées :

1) Potentiel de l’Agroécologie pour développer le riz pluvial dans le Moyen Ouest, présenté par Monsieur RAKOTONDRAMANANA, Directeur Exécutif ;

2) Intégration Agriculture -Elevage – Agroforesterie pour le développement du Moyen Ouest, présenté par Monsieur Tahina RAHARISON, Agronome

Ci-dessous les résumés des deux présentations :

Potentiel de l’Agroécologie pour développer le riz pluvial dans le Moyen Ouest

Le territoire malgache se distingue par des inégalités spatiales très fortes qui opposent des espaces surpeuplés à des espaces vides. Cette dissymétrie du peuplement, se caractérise par une concentration massive dans l’Est et les Hautes Terres Centrales et une faible densité sur la frange Ouest. Si certaines zones sont actuellement « surpeuplées » au point où les jeunes doivent migrer, il subsiste à Madagascar de nombreuses zones rurales « sous-peuplées » qui pourraient être mises en valeur. La mise en valeur du Moyen Ouest, une zone à faible densité de population, en moyenne à 20 Hab/km2 avec des zones à 10 Hab/km2  s’inscrit dans cette réflexion.

En effet, le Moyen Ouest est une grande zone agro-écologique touchant une dizaine de régions  de Madagascar. A l’exemple de la région Bongolava (une zone très représentative du Moyen Ouest), la superficie totale est de 1.720.900 Ha et 51% de cette grande surface sont cultivables. La superficie cultivée est encore faible de l’ordre de 17% de la superficie cultivable. Globalement, ces chiffres représentent la physionomie de l’ensemble du Moyen Ouest dont celui du Vakinankaratra.

En matière de production rizicole, en revenant sur l’exemple de la région du Bongolava et les chiffres disponibles de l’année 2005, cette région a assuré 262.139 T de riz soit 11,6% de la production nationale à l’époque dont 90% issus de la riziculture irriguée  sur 17% de superficie cultivable valorisée. Une valorisation de la superficie disponible, en grande partie des tanety, constituerait ainsi un grand potentiel pour la production rizicole et la sécurité alimentaire sur le plan national.

Il faut toutefois noter qu’à part les problèmes d’accessibilité (faible réseau routier) et d’insécurité, l’exploitation de ces tanety est confrontée à des contraintes agronomiques importantes. Avec les techniques actuellement pratiquées avec notamment l’exploitation minière des sols (labour du sol favorisant l’érosion, feu de brousse, faible restitution des exportations, diminution progressive de la jachère…), les rendements céréaliers baissent en raison de la baisse généralisée de la fertilité des sols. Cette baisse de fertilité est accompagnée du développement du Striga[1].L’abondance de cette plante hémiparasite des céréales pousse les exploitations agricoles à abandonner les cultures céréalières comme le riz. Cet aspect de dégradation des ressources avec la perte en capital « fertilité du sol » constitue la contrainte majeure de la valorisation rizicole des tanety de la zone du Moyen Ouest.

L’augmentation rapide de la population et l’insuffisance de rizières irriguées et en particulier des périmètres irrigués fonctionnels ne permet pas d’envisager l’autosuffisance en riz sur le long terme sans le développement du riz pluvial. Des possibilités énormes existent cependant dans le Moyen Ouest grâce aux techniques agro-écologiques développées sur presque 20 ans.

Par ailleurs, le Moyen Ouest représente une source d’approvisionnement des grandes agglomérations comme Antananarivo et Antsirabe, non seulement en riz mais aussi en maïs et autres cultures vivrières.

Le développement des techniques d’Agroécologie et notamment de l’Agriculture de Conservation constitue un enjeu important face à ces contraintes de la zone. D’abord, la création de variétés de riz adaptées pour la zone au travers de la recherche a été une réponse agro-écologique d’accompagnement pour la riziculture dans la zone. Actuellement, plusieurs variétés pouvant répondre à une ou plusieurs problématiques (résistance au Striga, résistance à la sécheresse, résistance à la pyriculariose du riz, rusticité par rapport à la faible fertilité du sol, productivité…) sont disponibles. On peut citer entre autre les variétés : Nerica 4, Nerica 9, SBT 403, SBT 406, SBT 409, FOFIFA 182… Ces variétés, avec des potentialités de rendement de 3 à 4 T/ha même en cas de difficulté de conditions agronomiques, ont été issues des introductions ou des créations du SCRiD[2], en grande  partie financées par l’AFD au travers du GSDM. Ces variétés sont bien connues et utilisées par les paysans sur 50% des surfaces  dans les zones où elles ont été le plus diffusées (dans 4 Communes du Moyen Ouest de Vakinankaratra) et peuvent être diffusées dans l’ensemble du Moyen Ouest.

Les appuis pour le changement d’échelle de l’adoption des techniques agroécologiques, constituent à la fois une perspective pour la valorisation des énormes surfaces de tanety disponibles dans le Moyen Ouest et un enjeu important pour la production rizicole et donc pour la sécurité alimentaire au niveau national.

Pour faire face à ces enjeux de production de riz pluvial dans le Moyen Ouest, la lutte contre les feux de brousse et l’insécurité doit être vue dans le cadre d’une action nationale. Une politique de réhabilitation des infrastructures notamment des routes et des infrastructures de base (santé, école..) est également indispensable.

[1] Striga : plante hémiparasite (des céréales pour le cas du Moyen Ouest de Madagascar : Strigaasiatica). Cette plante a fait son apparition dans le Moyen Ouest dans les années 90. Le Striga se développe sur des sols pauvres en matières organiques et en azote (Husson et al., 2008)

[2] Unité de recherche en partenariat : FOFIFA, CIRAD, Université d’Anananarivo.

Intégration Agriculture-Elevage-Agroforesterie pour le développement du Moyen Ouest

Le Moyen Ouest est une zone potentielle pour l’extension agricole, et pourrait ainsi contribuer largement à la sécurité alimentaire et au développement de Madagascar. Actuellement, cette grande zone ressemble à une zone vide. Pour le cas du Bongolava, une zone représentative de l’ensemble du Moyen Ouest, la densité moyenne de la population est de 20 hab/km2 avec des zones à 10 hab/km2.

Compte tenu du mode d’exploitation minière des sols, cette potentialité reste mitigée. Les terres sont disponibles mais la production de céréales est de plus en plus limitée à cause de la dégradation du sol et du développement du Striga. La disponibilité en bois est très faible, contraignant les agriculteurs à utiliser au maximum les résidus de culture pour l’énergie et limitant ainsi la restitution de la matières organique au sol. En effet, la couverture forestière occupe moins de 7% si on se réfère à la région Bongolava. L’élevage est également de plus en plus limité, à cause de l’insécurité, mais également à cause de la nette diminution du disponible fourrager liée aux feux de brousses répétitifs et aux fortes dégradations du sol.

Dans le cadre de la mise en valeur de cette grande zone, le GSDM propose une forme de développement intégré, basée sur des pratiques agro-écologiques, notamment au travers de l’intégration Agriculture-Elevage-Agroforesterie/foresterie.

L’Agriculture de Conservation est proposée pour une meilleure valorisation de la terre avec un objectif d’augmentation de la production agricole tout en régénérant le sol. Les plantes de couvertures peuvent être valorisées pour l’élevage. Les recherches menées par le SCRID[1] sur financement de l’AFD au travers du GSDM, ont montré l’intérêt de la valorisation du Stylosanthes et du Mucuna, les principales plantes de couverture proposées pour le Moyen Ouest, pour l’alimentation animale.

L’embocagement des parcelles constitue un système de protection du sol contre l’érosion. Il permet également d’augmenter les disponibles en fourrages  mais aussi de renforcer la biomasse (couverture, bois de chauffe) avec des légumineuses arbustives suivant les expériences du projet BVPI SE/HP dans la Moyen Ouest d’Amoron’i Mania. Certaines espèces comme le Cajanus peuvent même être consommées par l’homme au vu des expériences du GRET/CTAS dans l’Androy sédimentaire.

L’utilisation de cette biomasse pour le compostage a été aussi testée et s’avère très prometteuse pour augmenter le disponible en fumier pour la fertilisation organique. En effet, les enquêtes menées dans le Moyen Ouest de Vakinankaratra  ont montré que la production moyenne des exploitations agricoles en fumier est largement en dessous des besoins pour l’entretien des parcelles qui est de 5T/Ha. D’autres systèmes de compostage sont également proposés par divers partenaires dans différentes zones du Moyen Ouest (Compost 7 j, lombricompost, compost liquide…) et semblent intéresser de plus en plus les agriculteurs (expériences du projet MANITATRA).

En outre, le renforcement du disponible en bois est également primordial pour la zone. Le

GSDM propose, entre autres, comme essence de reboisement l’Acacia mangium, une espèce à croissance rapide, bien adaptée dans la zone. Cette espèce légumineuse peut être utilisée à la fois pour le reboisement en plein champ et pour les bordures de parcelles en embocagement. Le projet BVPI SE/HP a planté 600.000 plants en grande partie de l’Acacia avec 2000 exploitations agricoles dans le Moyen Ouest de Vakinankaratra entre 2009 et 2012. Les expériences de ce projet ont montré l’intérêt de l’Acacia avec une bonne adaptation pour la zone, une croissance rapide avec un taux de réussite élevé de l’ordre de 87% sur 3 ans. Le GSDM dans le cadre du projet Manitatra a planté dans la même zone 520.000 plants avec 2750 exploitations agricoles durant la campagne 2014/2015.

L’intégration agriculture – élevage – agroforesterie/foresterie permet ainsi de régénérer les sols dégradés du Moyen Ouest par une bonne production de matière organique (fumier, composts), mais  permet également une amélioration de l’alimentation des animaux en complétant le disponible fourrager et supplée au manque de bois de chauffe au niveau des ménages limitant ainsi la forte utilisation de la biomasse et des résidus de récoltes dans les foyers.

[1] Unité de recherche en partenariat entre le FOFIFA, le CIRAD et l’Université d’Antananarivo

                                                                                    Pour plus d’informations, veuillez contacter GSDM

Antananarivo, le 01 juin 2015

Tahina RAHARISON, Agronome GSDM

Dans: Nouvelles

Tags:

© copyright 2017 GSDM